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Invitation à la Messe Chrismale

Publié le : 2017-03-28 a 00h00 | Catégorie : Paroisses, Catéchèse, Diocèse

Crédit photo: Gilles Ferland

Un texte de Mgr Nassar, patriarche Archevêque Maronite de Damas intitulé : « Un carême en larmes » apporte aussi une très belle réflexion à quelques jours de la semaine sainte.  Nous vous invitons à le lire attentivement.

Un carême en larmes

  1. Scène d’apocalypse

En six ans de guerre le visage de la Syrie est bien transformé. Un grand chantier de ruines, des immeubles calcinés, des maisons brûlées, des quartiers fantômes, des villages au ras de sol…plus de douze millions de Syriens (50% de la population) m’ont plus de toits.

Ils forment la plus nombreuse masse de réfugiés depuis la deuxième guerre mondiale. Plusieurs millions ont quitté le pays en quête d’un ciel plus clément. Beaucoup attendent l’aumône dans des camps de misère, plusieurs sont morts noyés ou font la queue devant les ambassades. Un peuple nomade à la recherche d’une terre d’accueil. Comment sortir la Syrie de cette tourmente ?

  1. Famille brisée

La famille, rempart de l’Église et de la Nation qui a sauvé le pays, vient d’être durement secouée. Il est presque rare de trouver une famille entière. La violence a dispersé cette cellule de base. Certains sont dans les tombes, d’autres en exil, en prison ou sur le front. Une situation douloureuse qui envoie le petit reste dépourvu de soutien dans la mendicité, la dépression et l’angoisse.

Des fiancés séparés par l’exode ne peuvent plus se marier en raison de l’émigration du partenaire et la mobilisation militaire. La crise d’habitat fait le reste. Un atout d’avenir vient de s’écrouler. Comment poursuivre le chemin sans famille ou avec une famille boiteuse ?

  1. Enfance sacrifiée

Les enfants sont les plus fragiles. Ils ont payé assez cher cette violence sans merci. Selon l’Unesco, plus de trois millions d’enfants syriens ne sont pas scolarisés. Les centres de soutien psychologique sont débordés par le grand nombre et l’ampleur des blessures et blocages psychiques.

Comment restaurer les esprits de ces enfants abimés par la violence et les scènes de barbarie ?

  1. Paroisses menacées

Les paroisses qui ont vu baisser le nombre des fidèles et les activités pastorales bien réduites ont privé les prêtres de milieux porteurs et de soutien humain et spirituel. L’Église de Damas a vu partir le tiers de son clergé (27 prêtres). Un coup dur qui affaiblit la place et le rôle de la minorité chrétienne déjà en déclin.

Les autres prêtres qui résistent sur place ne sont pas rassurés et cherchent à parlementer un départ éventuel. Ils sont en attendant des agents socio-humanitaires auprès des familles sinistrées.

Comment remédier à cette hémorragie alarmante ? Peut-on imaginer une Église sans prêtres ?

  1. Entre pain et liberté

Les syriens ne quêtent plus derrière la liberté. Ils mènent des combats journaliers pour chercher le pain, l’eau, le gaz, le fuel de plus en plus rare. Les coupures de courant électrique assez fréquentes et prolongées noircissent nos soirées et réduisent la vie sociale. La recherche des frères, des parents et des amis disparus se fait avec beaucoup de discrétion, d’inquiétude et d’espérance.

Trouver un petit logement, un abri dans un pays en ruine devient le rêve impossible des familles et surtout des jeunes fiancés. Entre un combat pour la liberté et la course pour le pain quelle voie choisir ? Ce petit peuple syrien vit ce déchirement avec beaucoup d’amertume lisible dans un regard silencieux et des ruisseaux de larmes.

Le Carême 2017 si amer, nous offre un temps de désert pour revoir notre engagement d’Église au milieu de nos fidèles en détresse afin de mieux baliser la marche vers le Christ Ressuscité, Lumière du monde et Sauveur des hommes lui qui dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. » Mt 11,28