VALOIS, Mgr Charles
Le courage de changer
Montréal, Novalis
2009

Le courage de changer

Mgr Charles Valois, évêque émérite de St-Jérôme, nous livre son autobiographie. Il s’agit moins d’un survol systématique de sa vie que d’une réflexion étoffée sur son ministère sacerdotal et épiscopal.

Un bref premier chapitre décrit son enfance, ses études et son cheminement vers le sacerdoce. Mais l’essentiel du livre, et c’est ce qui le rend passionnant, c’est la suite. Nous pouvons suivre Mgr Valois dans les différents ministères qu’il a exercés et, au-delà de la chronologie, recueillir ses réflexions sur son travail pastoral. Nous apprenons qu’il a d’abord oeuvré dans l’Action catholique. L’occasion est belle pour l’auteur de nous livrer sa pensée sur la JEC et autres mouvements qui ont rassemblé et formé quantité de chrétiens dans les années 40 et 50.

Peu après, il fut professeur au séminaire de Ste-Thérèse et supérieur de cette institution. Lorsque celle-ci devient le CEGEP Lionel-Groulx, il accepte d’en être le premier administrateur. L’auteur développe ses points de vue sur le monde de l’éducation alors en mutation profonde. En sa compagnie, nous assistons à ces changements et aux soubresauts qui s’en suivirent. Puis nous retrouvons l’auteur successivement curé, vicaire général de Mgr Hubert et finalement évêque. Jamais il ne rapporte un événement de façon laconique. Au fil des pages, il réfléchit, justifie ses prises de positions, ouvre des pistes et du même souffle, il élargit nos horizons.

Dans la 2e partie du livre, Mgr Valois abandonne l’aspect chronologique des événements. Il considère quelques aspects de ses 20 ans d’épiscopat. Tour à tour, il aborde :
• la place des laïques dans la vie pastorale, en particulier celle des femmes.
• la présence de l’Église dans les grands enjeux de la société, avec ses réflexions sur l’implantation de l’aéroport   de Mirabel et la crise d’Oka.
• la vitalité d’une église diocésaine ou la vie d’un évêque du Québec à la fin du XXe siècle.

Les thèmes qu’aborde Mgr Valois sont toujours d’actualité. Ses réflexions nuancées, étoffées, justifiées peuvent nous aider encore aujourd’hui dans nos façons d’aborder le ministère pastoral ou nos engagements chrétiens que nous soyons laïques ou prêtres. À nous aussi, il insuffle le courage de changer!

Julien Rainville, c.s.v., pastorale biblique

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DANNEELS, Cardinal
Si tu connaissais le don de Dieu
Commentaire pastoral de saint Jean
Éd. Fidélité, 2007
272 p.

Si tu connaissais le don de Dieu

Dans l’avant-propos, l’auteur précise bien le but qu’il a poursuivi en écrivant ce livre. Il ne s’agit pas d’un « commentaire exégétique ». Il nous offre plutôt un instrument pour apprendre à lire l’évangile de Jean « comme le faisaient autrefois les Pères de l’Église et les auteurs spirituels ». D’abord et avant tout, cet ouvrage est « une aide pour aborder la lectio divina ». Un mot sur la lectio divina. C’est une approche priante des Écritures. Elle se déroule en trois temps. D’abord « la lectio » :
une lecture attentive du texte biblique. Suit « la méditatio » : un temps d’appropriation de la Parole de Dieu, souvent à l’aide d’un commentaire. Enfin « l’oratio » : l’entrée en prière, le face-à-face avec le Père ou le Ressuscité, soutenu par l’Esprit qui est en nous.

Ces trois étapes de la lectio divina sont bien marqué dans le livre : .. On nous donne d’abord le texte de l’évangile de Jean dans la traduction oecuménique de la bible (TOB). Le texte est découpé en petites unités et présenté sur deux colonnes.
.. La parole est laissée à l’auteur. Il n’expose pas un commentaire savant du texte de Jean qui précède. Il donne quelques réflexions ou des clés de lecture. Il attire l’attention sur une image ou un mot importants. Il semble nous transmettre le fruit d’une longue méditation. Son commentaire se lit facilement. Le ton est davantage pastoral que scientifique.
.. Le commentaire se termine par une brève prière, reproduite avec un caractère d’imprimerie différent. Ces prières s’adressent au Christ. Elle tracent le chemin pour que nous poursuivions par nous-mêmes le mouvement amorcé. La route de la prière est indiquée. Le lecteur, la lectrice n’a qu’à fermer le volume et à tracer son propre sentier, balbutier sa propre prière, parler librement et spontanément au Christ-Ressuscité.
Le Cardinal Danneels et les Éditions Fidélité nous offrent un instrument bien fait pour aborder la lecture priante de l’ensemble de l’évangile de Jean.

Julien Rainville, c.s.v., pastorale biblique

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BARIL, Daniel et BAILLARGEON, Normand
(Sous la direction de...)
Heureux sans Dieu
Éditions VLB, 2009
...p.

Heureux sans Dieu

Cet ouvrage qui vient de paraître, sous la direction de deux athées convaincus mais non convaincants, contient le témoignage de quatorze personnalités qui se définissent comme incroyantes, athées ou agnostiques. La pauvreté de l’argumentation des témoins est décevante et leur mépris, blessant. Si le but de l’exercice était de démontrer que Dieu n’a plus sa raison d’être et de convaincre les lecteurs qu’il est absurde de croire, les auteurs n’ont sûrement pas atteint leurs objectifs.

Tous les témoins essaient de prouver la non-existence de Dieu ou de justifier leur incroyance, en réaction à la seule expérience religieuse de leur enfance. En affublant les religieuses de surnoms pour les ridiculiser, en étalant leurs frustrations, en manifestant une compréhension plus que naïve du fait religieux, en racontant un événement banal comme fait marquant de leur cheminement ou en s’appuyant sur le catéchisme de leur enfance pour affirmer solennellement que Dieu est une hypothèse dont je n’ai pas besoin, on a l’impression d’entendre des collégiens en culottes courtes qui croient tout savoir, mais qui ne savent rien, tellement leurs propos sont dérisoires et enfantins. Dire que la foi est une potion magique dont on a mouillé son front à la naissance ou prétendre que Dieu est une illusion ou plutôt une délusion ou pire encore un délire que les croyants prennent pour une réalité, c’est d’un mépris et d’une arrogance inacceptables. Affirmer que la foi judéo-chrétienne est une pollution qui a embrumé sa jeunesse, ou encore qu’on ne peut comprendre qu’un homme ou une femme disposant de quelques neurones en état de marche puisse réellement croire en une religion quelconque, c’est d’une condescendance sans nom.

Ce livre comporte aussi des affirmations fausses, gratuites et sans fondements pour discréditer la foi et la religion. Affirmer que les religions sont la cause des guerres et des conflits, c’est faux; c’est l’intégrisme religieux ou laïque qui provoque les atrocités et les souffrances partout dans le monde. Dire aussi que l’humanisme athée est supérieur à la morale des croyants, et que les valeurs éthiques auxquelles adhèrent les croyants n’ont rien à voir avec leur religion, témoigne du peu de culture religieuse des tenants de tels propos. Ces textes nous rappellent un tas d’ambiguïtés non assumées : les bondieuseries, les grandeurs et les misères des systèmes religieux, les frustrations du catholicisme québécois d’hier et d’aujourd’hui. Ce livre témoigne de l’extrême vulnérabilité de l’athée qui se fait athée d’une religion lâchée comme un vêtement d’enfant devenu trop serré. À quand un athéisme vraiment mûri par la réflexion scientifique et la critique éclairée ?

Raymond Gravel, ptre

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TESTARD, Gérard
(Sous la direction de...)
Aimer l'église, aimer le monde
Paris, Cerf, 2005
240 p.

Aimer l'Église, aimer le monde

Trente ans après sa fondation et trois mille membres plus tard, Fondacio* tient en 2003 un colloque à Bruxelles. Son thème : en quoi l’expérience de Fondacio, communauté de laïcs, est-elle en résonance avec le nouveau visage de l’Église qui advient?

Une consigne est de règle au colloque : pas de langue de bois, des thèmes d’actualité brûlante, l’écoute des uns et des autres jusqu’au bout. Détail intéressant, il y avait là une présence canadienne en la personne de monseigneur Saint-Gelais, évêque de Nicolet.

Deux ans plus tard, à partir des actes du colloque, paraît ce livre : un colligé d’une douzaine de conférences de participants représentatifs. Le processus n’est pas sans impliquer quelques redites d’information touffue et va un peu dans toutes les directions. L’intérêt réside dans ce qu’il s’agit d’une réflexion collée sur des expériences et des réalités multiculturelles et multisociales. Difficiles à résumer, il faut se laisser envahir par les textes.

Quelques citations donnent le ton. « Nos engagements, une réponse à des besoins immédiats pour remettre l’homme debout. C’est dans le Christ que nous apprenons ce qu’être homme signifie et ce qu’aimer veut dire. Fondacio travaille au développement personnel : grandir, sortir de ses peurs de vivre, risquer, créer, sortir du narcissisme. »

Extraits d’une intervention « punchée » de Lytta Basset, épouse, mère, elle a été pasteure protestante pendant dix-sept ans, elle enseigne à l’université de Lausanne : « On s’est trompé sur Dieu. - Ce que disent vos contemporains sur vous, catholiques : Vous ne vivez pas ce que vous proclamez. Vous barrez l’accès à la libération. Vous avez prêché la culpabilité qui est si longue à guérir. Vous avez fait de l’Évangile une morale et de Dieu un père fouettard. On ne comprend pas votre patois de Canaan ! Où sont nos bergers ? Nos pasteurs sont devenus des gens fragiles, menacés, sur la défensive. »

Dans l’ensemble, ce qu’on espère de Fondacio : des chantiers d’urgence, cohérence et authenticité. Avoir en tête que Jésus guérit d’abord. Traquer le bla-bla religieux. Relier psychologie et spiritualité. La Bible ne dissocie pas ce qui est du corps de l’affectivité, du souffle de l’Esprit.

*Fondacio : des laïcs qui inaugurent une certaine manière de vivre et de penser en Église; une communauté oecuménique, sans hiérarchie, qui fait oeuvre de créativité au service de l’Évangile, par amour pour le monde « que le Christ a tant aimé. »

Pauline Landry

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BOISSINOT, Georges-Albert
Prier avec la liturgie des heures
Montréal, Médiaspaul, 2009
103 p.

Prier avec la liturgie des heures

Dans ce petit fascicule, le P. Boissinot poursuit le but suivant : « Aider le lecteur(trice) à participer d’une façon plus consciente à la prière de l’Église ». L’ouvrage n’est pas lourd, se lit bien et est divisé est 16 brefs chapitres.

D’abord, l’auteur nous brosse une large fresque où il présente la prière dans le Premier Testament dont les psaumes sont le plus pur produit. Puis il nous présente la prière de Jésus, en dégageant presque tous les passages des Évangiles où Jésus prie ou parle de la prière. Enfin, il consacre un chapitre à la prière de l’Église comme prolongement de la prière de Jésus.

Il rappelle ce que nous devons à Vatican II concernant la prière de l’Église : d’abord, le passage du latin à la langue de chaque peuple et la réforme du bréviaire, suite à la Constitution sur la liturgie. Ainsi la prière des heures est maintenant présentée dans une perspective théologique et spirituelle en vue de sanctifier le temps, en particulier le matin et le soir. Il rappelle aussi que la liturgie des heures est en lien avec l’eucharistie et qu’elle suit les cycles liturgiques.

Après un chapitre succinct et éclairant sur les psaumes, l’auteur nous propose un survol de chaque « Heure » : prière du matin et du soir, avant le repos de la nuit, l’office des lectures. Ailleurs, il dégage aussi le sens des prières d’intercession.

Bien qu’il le fait dans chaque chapitre, le P. Boissinot développe dans les deux derniers chapitres une spiritualité de la liturgie des heures. Il insiste : « C’est Dieu qui nous parle par les lectures »; l’Esprit saint nous fournit, dans les psaumes, les mots de notre oraison. La liturgie des heures nous fait entrer dans la prière du Christ, tête et corps. Il ne s’agit jamais d’une prière individuelle. Celle-ci est toujours communautaire. Comme le dit saint Augustin : « Dans le Christ, nous sommes tous une seule personne dont la tête est dans le ciel et dont les membres peinent encore sur la terre ».

Il faut remercie le P. Boissinot pour cet ouvrage. Il pourra renouveler le regard de ceux et celles qui prient avec la liturgie des heures. Ces brefs chapitres sont à la fois éclairants et nourrissants.

Julien Rainville, c.s.v., pastorale biblique

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GARNEAU, Jean-Yves
Prier en tout temps
Montréal, Médiaspaul
L'essentiel, 2008
224 p.

Prier en tout temps

On peut prier en s’adressant à Dieu directement. On lui confie ses demandes. On le remercie pour ce qui nous arrive. On lui demande pardon pour ses péchés. Prier, c’est parler à Dieu tout simplement, dans ses propres mots. Cependant, certaines personnes ont besoin d’une formule «toute faite» pour s’adresser à Dieu. Cette formule peut devenir le point de départ d’une prière plus personnelle par la suite. J.-Y. Garneau nous fournit un recueil de brèves prières que l’on peut utiliser : Dès le matin, Au milieu du jour, Le soir, Durant la nuit.

Ce petit recueil, de format pratique, arrive à point pour ceux et celles qui, au moment de se mettre en prière, reconnaissent que les mots leur manquent. Souvent, on a besoin du point de départ. Puis les mots montent du coeur aux lèvres plus facilement!

Julien Rainville, c.s.v., pastorale biblique

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YOUNG, Paul W.
Le Shack, quand la tragédie a rendez-vous avec l’éternité
Montréal, Le jour, 2009
331 p.

Le Shack, quand la tragédie a rendez-vous avec l’éternité

Un drame comme il s’en produit malheureusement trop, l’enlèvement d’une fillette, Missy, et les éléments de preuve qu’elle a été assassinée, est l’occasion pour le père, Mackenzie Allen Phillips, de vivre une expérience de Dieu qui correspond sans doute à la conception que l’auteur se fait de Dieu et de la religion. Qui ne rêve pas de passer un week-end avec Dieu? Dans un style clair, l’auteur sait tenir le lecteur en haleine et tente de nous présenter un Dieu, son Dieu, qui ressemble et qui diffère en même temps du Dieu révélé par les grandes traditions chrétiennes. Le Dieu que Mack rencontre est un Dieu Trinité de type familial : le père ou plutôt la mère, Élousia, une grosse femme noire, à cause de l’expérience paternelle négative vécue par Mack avec son propre père, le Fils, Jésus, un homme plutôt ordinaire, qui n’est même pas beau physiquement comme on se l’est toujours imaginé, et l’Esprit, Sarayu, plutôt féminin, translucide, légèr comme le vent, qui sait nous saisir par sa beauté et par sa douceur. Ce Dieu ne juge pas, ne condamne pas et n’intervient pas dans la vie des gens. Il ne fait qu’aimer et il invite simplement à entrer dans son Amour. Le concept de Trinité est bien amené : 3 personnes, mais un seul Dieu et les 3 personnes disent quelque chose de Dieu. Elles sont 3 à aimer et l’Amour laisse des empreintes profondes, ce qui explique la crucifixion de Jésus.

Tout au long de ce week-end avec Dieu, Mack fait une rétrospective de sa vie et des malheurs de sa vie, ce que l’auteur appelle le Grand Chagrin. Pour l’anéantir, le faire disparaître, en guérir, il lui faut prendre conscience que les humains sont responsables de ce qui leur arrive et qu’ils ont les moyens de s’en sortir. Son jardin est une fractale, un fouillis que Mack devait travailler, et pour y arriver, il lui fallait cesser de juger et de se laisser conduire par l’Esprit qui n’attend que l’on s’abandonne à lui ou à elle. Sa rencontre de Sophia, cette belle femme qui est la personnification de la sagesse de Papa (Dieu), fait réaliser à Mack qu’on ne peut juger personne, même ceux qui sont coupables des crimes les plus graves, et c’est ce qui va amener Mack à pardonner, non seulement à son père, mais aussi à l’assassin de sa Missy. Après le pardon de son père, Mack va découvrir un autre visage de Dieu, celui d’un père, un homme plus âgé que lui, avec des cheveux gris noués en queue de cheval et une barbiche parsemée de poils gris. Son expérience de Dieu se termine par le partage tout simple du pain et du vin, comme s’il s’agissait d’une eucharistie.

Par son style, l’auteur a su faire de cette expérience vécue par Machenzie, une histoire vraisemblable qui peut rejoindre les lecteurs dans leur quête de Dieu. Par ailleurs, on peut voir que l’auteur est de tradition chrétienne mais fondamentaliste dans ses références aux personnages bibliques, ce qui m’a grandement dérangé, comme bibliste. Aussi, le peu d’importance qu’il accorde aux Églises et à la religion me laisse perplexe : on est croyant, non pas seul mais avec d’autres, d’où l’importance de la collectivité et de la communauté qu’on ne trouve malheureusement pas dans son livre. Par ailleurs, si cette histoire nous pousse davantage au pardon et à l’amour, je suis persuadé qu’elle en aidera plus d’un. Il y a tant à pardonner pour que le monde ne s’en porte que mieux. C’est une belle histoire à se laisser raconter !

Raymond Gravel, ptre

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RINGLET, Gabriel.
Ceci est ton corps, Journal d'un dénuement,
..., Albin Michel, ...
231 p.

Ceci est ton corps, Journal d'un dénuement

Lecture bouleversante mais d’une grande beauté dans l’écriture et dans l’inspiration. Journal d’un prêtre qui accompagne une amie très proche dans les derniers mois de sa vie. Il ne faut cependant pas craindre d’être les témoins des moments de souffrance de la malade et de son ami. Dans toute cette expérience, l’auteur nous révèle ses sources bibliques et poétiques nombreuses : .. «Ces mots sauvages et de sauvetage, j’ai vu qu’ils venaient de plus loin que je n’imaginais, que je ne pouvais taire ce qui avait grandi dans l’intime de cet accompagnement, qu’il y avait urgence à partager une parole enfouie depuis longtemps au plus profond de mon sacerdoce. Une parole enracinée en terres bibliques, certes, et qui....espère aussi rejoindre au-delà du clan.». (p. 12) Il nous situe bien en-dehors des clichés entendus trop souvent devant la souffrance physique. Un bel éloge des soignants qui savent se faire proche de la personne. Comme le titre le laisse deviner, des significations très particulières données à l’Eucharistie célébrée auprès de personnes souffrantes : .. «Durant ces huit mois de compagnonnage, je me suis trouvé plongé comme jamais au coeur d’une messe dont je ne savais pas qu’elle pouvait encore me retourner à ce point.» (p. 18) .. «Il n’est pas possible de rejoindre l’eucharistie sans mesurer d’abord la sensualité de l’Évangile. Jésus touche et se laisse toucher...Mais si «Dieu est amour», il révèle que l’amour prends corps et, mieux encore, il prend soin du corps, à commencer par le plus meurtri.» (p. 19) .. «J’aime qu’au Livre des Nombres...Moïse et Aaron s’adressent à Yhwh en l’appelant «Dieu des souffles de toute chair» « (p. 20) .. «N’est-ce pas chose précieuse déjà, puisque l’accompagnement au sens étymologique -cum pane- est un partage du pain? Un viatique. Ceci est ton corps et je fais route avec lui. « (p. 20) .. «Célébrer l’eucharistie....c’est d’abord se dévêtir et prendre dans ses mains l’existence des hommes. C’est empoigner la peine et la joie, la violence et la douceur, la chair et le sang...et les faire traverser.....Transfigurer...» (p. 22)

Viviane More

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