En 1903, le père Cyrille Beaudry fait venir à Joliette six religieuses de la communauté des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie (deux Bretonnes et quatre Acadiennes) afin qu’elles prennent en charge la cuisine et les travaux d’entretien ménager du Collège Joliette dirigé par les Clercs de Saint-Viateur. Par la suite, elles occupent des fonctions semblables à l’évêché de Joliette, au Noviciat des Clercs de Saint-Viateur, au Scolasticat Saint-Charles et à la maison Querbes. En 1905, elles acquièrent une maison appartenant à la veuve de Charles-Bernard-Henri Leprohon, située au coin des rues Saint-Louis et Saint-Joseph, pour y ouvrir un noviciat et en faire leur maison provinciale.

Aujourd’hui, non seulement chez-nous et dans tout le Canada, mais partout en Occident, les effectifs des congrégations religieuses vieillissent et en l’absence de relève, la plupart d’entre elles font face à l’extinction.
Caractérisées par leur fort ancrage territorial dans la région de Lanaudière, habituées à vivre avec des gens modestes, les SSCCJM sont d’abord des femmes de terrain et de relations. Leur mode d’intervention privilégié, c’est la présence bienveillante, c’est « d’être avec », surtout les plus démunis. Chez elles, l’engagement social pour la justice fut longtemps un choix individuel minoritaire. Les années 2000 amènent toutefois une nouvelle ère où la Congrégation, conformément aux orientations du Chapitre général de 2012 invitant à léguer (leurs) biens en partenariat pour la promotion de la justice, de la paix et de l’intégrité de la Création.
Tout dernièrement, les SSCCJM de Joliette ont présenté un intéressant livre intitulé « Le dernier passage des filles d’Amélie – le legs des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie. L’objectif de cet ouvrage est de retracer l’histoire récente des SSCCJM comme observatoire d’un moment particulier, non seulement de l’histoire de cette congrégation, mais aussi d’enjeux concernant toute la société québécoise.

Si toutes les congrégations religieuses canadiennes et québécoises se heurtent à une fin d’horizon plus ou moins rapproché, toutes n’ont pas pris les mèmes décisions relatives à ce qui devrait leur survivre : bien matériels et immatériels. Le document publié par les SSCCJM de Joliette retrace le lent cheminement qui a amené la Congrégation à prendre un virage social et à céder, à prix solidaires, ses immeubles et ses biens à des groupes communautaires de la région de Lanaudière engagés contre la pauvreté et l’exclusion.



